Nouvelles

Par Alexandra Pichette

Patrice Pimparé, le miraculé aux mains réparatrices

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Par Alexandra Pichette

Il est impossible de s’imaginer un corps fonctionnel  sans une colonne vertébrale bien ajustée. Celle-ci correspond à la dirigeante de tous nos membres et en cas de problèmes, on fait appel au chiropraticien.  Maître du craquement, il peut changer la vie des gens en un seul touché. Fin connaisseur de tous les os du corps, grand passionné  de Games of thrones, du Tricolore et maniaque de la vie, portrait d’un miraculé qui a choisi  de donner au suivant.

Le docteur Patrice Pimparé est un chiropraticien très sympathique qui possède sa propre clinique. Lorsque je suis entrée  dans la clinique qui correspond à tout le sous- sol, le Centre chiropratique Oasis, pour la première fois, j’ai compris  que c’est un homme fier de ce qu’il a accompli dans sa vie. De nombreux diplômes se tiennent comme de brillants trophées sur les murs et l’odeur de café rend l’attente plus chaleureuse. Ensuite, c’est avec un immense sourire décoré d’une attachante moustache, qu’il m’a laissé entrer dans son bureau, ou plutôt, son univers. Son univers à la fois parsemé d’affiches éducatives sur les différentes parties du corps et  agrémenté de cadres arborant les joueurs du Tricolore. Le tout, complémentant les imposantes tables d’ajustement qui lui servent d’instruments. J’ai constaté que c’est quelqu’un qui utilise des supports visuels pour bien expliquer les concepts et ce qui se passe dans le corps aux patients qui peuvent parfois se sentir dépourvus de certaines notions. C’est quelqu’un qui sait comment rendre les gens à l’aise et j’ai eu l’impression d’interviewer une personne que je connaissais bien. 

Sa passion pour la chiropratique commence alors qu’il est âgé de 10 ans. Par une belle journée d’hiver, lui et son ami font la course pour descendre la bute de neige qui se trouve à quelques mètres de la maison du petit Patrice. Cette course se termine par une mauvaise chute sur le coccyx, un réveil plutôt brusque causé par  l’absence de sensations au niveau de ses jambes et un verdict fâcheux : une chaise roulante comme  meilleure amie pour le reste de sa vie. Sa mère, refusant d’accepter cela, réussit à être référée au chiropraticien Yves Lalonde. À leur première rencontre, Patrice qui ne peut pas marcher, sort de la séance en marchant et c’est un miracle. Pour le petit garçon qu’il est, c’est beaucoup plus qu’un miracle, c’est la naissance d’un grand amour pour la chiropratique. Il développe une relation privilégiée avec le chiropraticien puisqu’il passe deux journées complètes par semaine  à le côtoyer. Sa mère le dépose à la clinique le matin et le ramène après le travail. Ayant accès à du matériel, à toutes sortes de livres et  à un sarrau fait pour lui, il comprend que c’est sa future vocation.

À l’époque du primaire et du secondaire, c’est un garçon  qui réussit facilement sans  trop faire d’efforts. C’est en entrant au cégep qu’il s’aperçoit qu’il n’a aucune méthode de travail. Comme il l’a dit lui-même : «Je me suis enfargé comme un Albatros qui décolle». Il échoue quatre de ses cours lors de sa première session et il  en abandonne  deux. C’est à ce moment que son API lui annonce que s’il ne se prend pas en main, il sera expulsé du cegep.  Voyant son rêve de devenir chiropraticien s’écrouler devant lui, il commence à travailler de plus en plus fort. Après trois ans de peine et de misère, il finit par obtenir son diplôme d’études collégiales du cégep de Bois-de-Boulogne. Suite à tout cela, il s’inscrit à l’université de Montréal en biologie pour en sortir  avec un baccalauréat quelques années plus tard, fier comme jamais. Le jeune téméraire en lui prend son courage à deux mains et envoie  sa demande aux États-Unis avec la lettre de recommandation écrite par son mentor de longue date, le docteur Yves Lalonde. Heureux comme jamais, il est admis au   «Cleveland chiropratic college»  de Kansas city. À sa première année, ses résultats scolaires sont excellents et ne cessent d’augmenter. Il  instaure aussi un programme de mentorat pour faciliter l’intégration des étudiants étrangers lors de sa deuxième année d’étude. De belles années remplies de cours d’anatomie, de dissections sur des cadavres et d’implication pour aider les autres. Le jeune maniaque de la vie passa ses journées dans les laboratoires d’anatomie grâce à son travail de technicien de laboratoire et y consacra une grande partie de son temps.  Il voulait tellement en apprendre davantage qu’un jour il fit ceci : « J’ai découpé le bras  du cadavre et je l’ai mis dans un sac de poubelle.  Je l’ai emporté dans mon sac à dos. Moi et mes amis avons travaillé toute la matinée sur le bras en prenant soin de bien prendre tous les angles de radiographie. En y repensant, nous aurions pu être expulsés si nous nous faisions prendre, mais au moins nous avons eu 100%.» Un de ses plus grands regrets, c’est que le Dr Lalonde lui avait fait la promesse  qu`à sa graduation, il serait présent pour lui remettre son diplôme afin de célébrer sa grande détermination. Malheureusement, le décès de celui-ci quelques mois avant la graduation, dévaste le jeune Patrice rempli d’espoir. Par contre, le chiropraticien à en devenir ne se laisse pas abattre et voulant lui rendre hommage lors de sa remise de diplôme, il pointa son diplôme vers le ciel pour le remercier. Même si je n’ai pas eu un parcours au cegep aussi difficile que lui, son cheminement me donne espoir que même si je ne peux pas atteindre mon objectif maintenant, je le peux demain.

La spécialité du chiropraticien est la colonne vertébral et tout ce qui touche le neuro-musculo-squelettique. Tout ce qui est en lien avec le squelette peut être travaillé, renforci, mobilisé par un chiropraticien. Selon ce fin connaisseur des os, la colonne vertébrale est au chiro ce qu’est le stéthoscope au médecin. Le seul bémol, à son avis, c’est que les différentes branches comme la médecine, la chiropratique et  la physiothérapie devraient davantage travailler en coopérativité plutôt que chacunes de leurs côtés.  Par exemple, les physiothérapeutes, plus spécialisés dans les muscles, sont directement référés par les médecins alors que pour aller consulter un chiropraticien, on est référé par une connaissance. «La plus grande différence, c’est que nous les chiros, devons convaincre les gens que nos soins sont bénéfiques, mais aussi qu’ils devront débourser un certain montant d’argent pour leur santé, ce que les médecins, ergothérapeutes et physiothérapeutes n’ont pas à faire.» En bref, le chiropraticien, selon ce que j’ai retenu, c’est comme jouer à Clue. Il doit trouver comment la blessure s’est produite, dans quel contexte et en apprendre plus sur le patient tout en trouvant une solution.

Sa clinique se trouve dans le sous-sol de sa maison et pour lui, ça fait toute la différence.  Il a déjà travaillé dans une clinique qui se trouvait loin de chez lui, mais il n’avait pas la chance de voir grandir ses enfants et d’être présent comme il le voulait. C’est pour cette raison qu’il a choisi d’avoir sa clinique. Il sait aussi faire une réelle barrière entre la clinique et la maison. En effet, dès qu’il monte les escaliers, les problèmes restent accroché avec son sarrau et il redevient papa et conjoint. Avec ses patients, Patrice aime discuter de médiéval, de la sainte flanelle et de sa grande passion pour la série télévisée Games of thrones. C’est pour mettre les gens à  l’aise et pour parler de d’autres sujets que des problèmes. Le plus important dans son travail, c’est d’écouter les gens et d’analyser le problème. «Moi mes patients je les connais. Je connais leur vie parce que je jase avec eux et j’ai du plaisir. Quand j’ai un patient couché sur la table, ce n’est pas juste une colonne, c’est un individu qui a des sentiments, du stress et une vie. Pour moi, c’est important d’être à l’écoute de mes patients pour bien comprendre d’où peut venir le problème.» J’ai beaucoup d’admiration pour la façon dont il accorde de l’importance aux relations  avec ses patients. «Le fait de toucher physiquement les gens fait en sorte qu’on entre dans leur bulle et qu’on reçoit des confidences incroyables.»

Plusieurs personnes ont marqué son parcours, comme le docteur Lalonde, son prof de biologie du secondaire, son père et entre autres le docteur Patch Adams qu’il a pu rencontrer lors d’une conférence. «J’ai appris de cette rencontre, que la plus grande qualité pour faire ce métier est de le faire pour les bonnes raisons, c’est-à-dire pour aider les gens.» Le Dr. Adams lui a même demandé : « Pourquoi fais-tu ce métier? – Parce que je suis tombée et que quelqu’un a changé ma vie.  – tu veux redonner au suivant comme quelqu’un l’a fait pour toi. Tant que tu fais ce métier pour cette raison, tu auras du succès et le paradis sera grand ouvert pour toi.»Ce qui me reste en tête de cette entrevue, c’est la passion qui habite cet homme. Un amoureux de la vie  qui chaque jour, par le biais de sa profession et de sa personnalité en or, fait bien plus qu’ajuster des colonnes vertébrales. C’est pour moi le symbole même de l’altruisme et du succès.

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